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Archive for the ‘Littérature’ Category

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

Paul Eluard, L’amour la poésie, 1929.

bleu

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Saint Cirq-Lapopie, village médiéval surplombant le Lot, première étape sur la route des vacances.

Saint Cirq-Lapopie, où, un jour de 1950, André Breton a cessé de se désirer ailleurs.

(Cliquez sur les photos pour les agrandir).

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Vue d’ensemble du village de St Cirq-Lapopie (Lot).

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Maison d’André Breton.

st_cirq_lapopie (5)Sur l’autre rive du Lot et depuis la terrasse de notre hôtel, vue sur la falaise et l’église fortifiée.

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Hôtel « Le Saint Cirq », la Tour-de-Faure.

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A l’heure du petit déjeuner.

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L’œil s’habitue. Trop d’images ?

Tout semble en place, à sa place. On ne voit plus le détail, l’insolite, le décalé.

Pourtant, en marchant dans la ville, le cocasse, l’incongru, l’inattendu, le burlesque  me cueillent encore au coin de la rue. Par chance, j’ai quelquefois le Reflex !

The question is not what you look at, but what you see. Henry David Thoreau.

Journal, August 5th 1851.

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En voiture, c’est certain, on ne va pas s’y aventurer. Un sens interdit flanqué d’un panneau “route barrée”, ça fait réfléchir.

Le piéton quant à lui, reste perplexe. Il hésite encore. Trottoir de droite, trottoir de gauche ?

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Endroit idéal pour un ravalement de façade.

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It was one of those March days when the sun shines hot and the wind blows cold : when it is summer in the light and winter in the shade.

Great Expectations, chap. 46. Charles Dickens.

Le charme du mois de mars réside dans son impatience et son impétuosité à changer l’état du ciel. En une journée, il nous offre tout ce dont il est capable.

Pluie, soleil, neige puis… pluie.

Vent et grêle, SOLEIL ! Bourrasque.

Son innovation, sa créativité, s’avère illimitée.

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Cliquez sur les photos pour les agrandir.

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Cornouiller officinal.

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Fleurs de Stachyure précoce, repas du Vulcain.

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Fleur d’Edgeworthia papyrifera.

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Les photos de fleurs ont été prises au jardin botanique, le deuxième week-end de mars, juste avant les chutes de neige.

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La femme remonte à la plus haute antiquité. (…) C’est elle qui reçoit le facteur, qui reprise les chaussettes et fait le catéchisme aux enfants.

femme_2Spectacle en plein air, Santa Fe, Nouveau-Mexique, août 2012.

La femme se compose essentiellement d’un chignon et d’un sac à main. C’est par le sac à main qu’elle se distingue de l’homme. Il contient de tout, plus un bas de rechange, des ballerines pour conduire, un parapluie Tom Pouce, le noir, le rouge, le vert et la poudre compacte, une petite lampe pour fouiller dans le sac, des choses qui brillent parce qu’elles sont dorées, un capuchon en plastique transparent, et la lettre qu’on cherchait partout depuis trois semaines. Il y a aussi, sous un mouchoir, une grosse paire de souliers de montagne. On ne s’expliquerait pas autrement la dimension des sacs à main.

femme_4Spectacle en plein air, Santa Fe, Nouveau-Mexique, août, 2012.

La femme a trois sortes de chichis  : les grands chichis, les moyens chichis, et enfin pas de chichis du tout.

macha_merylLa comédienne Macha Meryl, lors d’une prestation en plein air, Limoges, 2012.

femme_6L’actrice Anne Richard, au salon du livre de Limoges, 2012.

A peine sèche, le coiffeur l’enferme au fond de sa cave. A côté de vingt-cinq autres femmes. Sur des fauteuils. Toutes immobiles. Comme des poupées. Comme des momies. Dans un drap blanc. On peut les voir par un soupirail : mauves ou vert Nil, parfois même vert pistache, dans un éclairage au néon. On dirait des mortes dans leur tombe, c’est un sous-sol de science-fiction. Tout le long de cette chambre des supplices, elles sont coiffées jusqu’au menton de casques gaulois reliés à des souffleries par un système de tuyauteries qui s’apparente aux tubulures de l’hélicon. Dans cet attirail scientifique, elles ressemblent à s’y méprendre à des scaphandriers, à des ordinateurs, à des Martiens, à des contrebasses, au réduit du chauffage central. On dirait des mégathériums branchés sur des sarrussophones. On croit avoir épousé une jeune fille, on s’est marié à un alambic.

(…) Résumons-nous. La femme a joué de tout temps un rôle très important dans la survie de l’espèce humaine. Tout homme, sans elle, serait un orphelin.

Extraits d’Histoire des femmes, tiré des « Dernières nouvelles de l’homme » d’Alexandre Vialatte (1901-1971).

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Une passante, Toulon, juillet 2012.

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La Jacinthe

Robert DESNOS
Recueil : « Chantefleurs »

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Toutes les lampes sont éteintes.
Comment voulez-vous que je voie
Combien vous me montrez de doigts ?
Dans la nuit fleurit la jacinthe,
Il fait froid,
Les lampes sont éteintes,
Prenez la jacinthe.

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Ce week-end, alors que la quasi-totalité de la France redoutait de nouvelles chutes de neige, je l’attendais avec impatience.

Depuis quelques hivers, elle se fait rare chez moi. Qu’on nous l’annonce enfin, un dimanche qui plus est, quelle aubaine !

Chose promise, chose due. Il a neigé… le matin seulement mais suffisamment dru pour ne pas mettre un appareil photo dehors !

En début d’après-midi, fin des hostilités. La neige cesse et la blancheur est là, uniforme, vierge de toute trace de pas. Plus de temps à perdre, je suis prête, j’enfile les après-ski, tire derrière moi la porte et entre au Canada, fière comme… Artablanc !

Seulement voilà, très vite je m’aperçois que ce n’était qu’un prêt, une location de quelques heures, un échantillon d’hiver, un test, en quelque sorte.

En un rien de temps la moquette immaculée du matin s’effiloche, se transforme en une serpillère grisâtre et dégoulinante, éclaboussant les rares passants à la démarche incertaine et cocasse.

La sortie photos tant espérée tourne court. Déçue, je me surprends à fredonner : Mais où sont les neiges d’antan ?

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« Ballade des dames du temps jadis », François Villon.

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Les récentes chutes de neige et les fortes gelées matinales voudraient nous faire croire à l’hiver. Il n’en est rien, le calendrier le dément, l’automne, même malade, est là, pour quelques jours encore.

Automne malade

Automne malade et adoré
Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé
Dans les vergers

Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n’ont jamais aimé

Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu’on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu’on foule
Un train
Qui roule
La vie
S’écoule

Guillaume Apollinaire

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

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Au premier plan,  érable palmé (acer palmatum matsumurae) du Japon.

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La rentrée, il y a ceux qui la font et ceux qui… peut-être, devraient la faire. Puisse ce premier jour d’école, vu par Roger McGough être l’occasion pour chacun (tout en remuant souvenirs et nostalgie) d’évaluer son niveau d’anglais et de mesurer sa légitimité à ne plus fréquenter les bancs de l’école.

“My First Day at School”

A millionbillionwillion miles from home
Waiting for the bell to go. (To go where ?)
Why are they all so big, other children ?
So noisy ? So much at home they
Must have been born in uniform
Lived all their lives in playgrounds
Spent the years inventing games
That don’t let me in. Games
That are rough, that swallow you up.

And the railings.
All around, the railings.
Are they to keep out wolves and monsters ?
Things that carry off and eat children ?
Things you don’t take sweets from ?
Perhaps they’re to stop us getting out
Running away from the lessins. Lessin.
What does a lessin look like ?
Sounds small and slimy.
They keep them in the glassrooms.
Whole rooms made out of glass. Imagine.

I wish I could remember my name
Mummy said it would come in useful.
Like wellies. When there’s puddles.
Yellow wellies. I wish she was here.
I think my name is sewn on somewhere
Perhaps the teacher will read it for me.
Tea-cher. The one who makes the tea.

Roger McGough (born in 1937)

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Essais

Les premiers essais photographiques avec mon Nikon ont convoqué dans ma mémoire un passage d’une nouvelle intitulée : Tout ce qui est beau est loin.

Dead boys (Albin Michel, 2009), est un recueil de nouvelles de Richard Lange. Des histoires de gars paumés et de mauvais garçons de Los Angeles.

Pas question d’ouverture de diaphragme, de vitesse ou de longueur de champ. Avec un jetable, tout est dans le choix du sujet. Ça, le narrateur l’a bien compris !

 

 

 

Extrait, page 263.

J’achète un de ces appareils jetables pendant mon jour de congé. Vingt-quatre poses.

1. La caissière du magasin, pour voir si le flash et tout marchent. “J’ai un rhume, dit-elle. Foutez-moi la paix.”

2. Une voiture de police qui file avec ses gyrophares et ses sirènes allumés.

3. Des pigeons sur le clocher d’une église.

4. Hollywood en lettres géantes, mais je pense que je suis trop loin.

5. Une jeune Mexicaine avec une poussette. Je lui dis que je travaille pour un magazine et je lui demande comment elle s’appelle. “Maria, lui dis-je, je vais faire de toi une star.”

6, 7, 8. Deux chiens en train de s’accoupler dans la ruelle derrière Pep Boys.

9. Un cactus avec des fleurs rouges.

10. James derrière la caisse.

11. James encore parce qu’il dit qu’il avait les yeux fermés sur la première.

12. Le gardien du parking. Il me demande un tirage pour sa femme.

13. Une limousine extra-longue.

14. Le ciel.

15, 16, 17, 18. Une fille qui ressemble trait pour trait à Lana. Elle refuse de s’arrêter, alors je suis obligé de marcher à reculons devant elle en prenant les photos. Elle essaie de s’emparer de l’appareil et je manque de me faire renverser par un bus en m’enfuyant.

19. Jennifer penchée au-dessus du bar pour étreindre Marty.

20. Marty et moi qui faisons semblant de nous embrasser (prise par Jennifer).

21. Ma chaussure (une erreur).

22. La première voiture qui me suit quand je rentre chez moi.

23. La deuxième.

24. La troisième, d’assez près pour voir le Vietnamien au volant.

L’employé du labo de développement en une heure chrono prétend que l’appareil était défectueux et qu’aucune des photos n’a rien donné. Comme je n’en crois pas un mot, je lui dis que je les veux quand même. Un moment après, il me tend l’enveloppe qui contient vingt-quatre épreuves noires et vingt-quatre négatifs clairs. Je passe la moitié de la nuit à les examiner à la loupe, mais rien ne se révèle.

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