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Archive for the ‘Littérature’ Category

Longtemps, ça s’est appelé « la foire du livre ». Ça ancrait franchement l’évènement dans sa ruralité et c’était d’ailleurs assez bien trouvé puisque d’un point de vue littéraire, c’était carrément le marché au gras.

La ligne éditoriale n’a pas changé mais désormais, on dit « Lire à Limoges ». C’est plus « classe » sans être arrogant et grâces soient rendues au bon sens ou à l’humilité de nos élus de n’avoir pas cédé à la tentation du très parisien label « Salon du livre ».

Cette année, les têtes d’affiche avaient noms Julien Lepers, Jean Benguigui ou Véronique Genest dont l’apport au patrimoine littéraire français reste en attente de reconnaissance…

Une foule compacte se pressait autour de leurs stands et téléphones portables ou perches à selfies étaient brandis au-dessus des têtes comme autant de preuves que, contrairement aux idées reçues, l’engouement de nos concitoyens pour le livre et les textes ne faiblit pas :-).

Françoise Laborde et Jean-François Khan.

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Jean Teulé et Jacqueline de Monsigny.

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Jean Benguigui et Eva Darlan.

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Agnès Soral et Julien Lepers.

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Madeleine Chapsal et Marek Halter.

Madeleine_Chapsal_et_Marek_Halter

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J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue

Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu

L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue

Je ne te quitterai plus.

Air vif. Derniers poèmes d’amour. Paul Eluard

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Saint-Valentin

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Titre emprunté à un ouvrage de Georges Perec, publié en 1975 dans la revue Cause commune.
En octobre 1974, Georges Perec s’installe place Saint-Sulpice, dans le 6e arrondissement de Paris. Pendant trois jours d’affilée et à différents moments de la journée, il tente de prendre note de tout ce qu’il voit. Il en établit ainsi une liste représentant la vie quotidienne, sa monotonie, mais aussi les variations infimes du temps, de la lumière, du décor, du vivant.

Tiens, ça fait longtemps que je ne suis pas allée à Paris !

paris1paris2Grille du pique-épingles, au point de croix ici.

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« L’homme me servit des œufs à la poêle et des tranches de jambon. Quant à lui, il s’assit en face de moi, à la grosse table de chêne, et se mit à manger en désordre des tomates crues. Il les saisissait dans ses mains, les partageait en deux avec son coutelas, les saupoudrait de sel, de poivre, d’ail et de clous de girofle, et les avalait d’un trait. Il les préférait grosses, épaisses à triple menton, toutes pâmées, toutes lourdes, comme des hanches. La chair des tomates est énorme et sensuelle. Elles sont humides de jus et d’humeurs écarlates, ivres de vinaigre et de sucre. Ô tomates mûres, vous êtes la joie du monde et la volupté des intestins. Votre chair âcre et molle est nourrissante comme des seins, rose comme les pubis. Sous une peau transparente pareille à une paupière, vous cachez et tour à tour vous montrez une substance pure et pesante, une sorte de pâte mondiale, un éther rouge tout constellé de graines ou d’astres. Vous êtes des systèmes solaires, ô tomates, des systèmes solaires et des ventres de femmes, des ventres de femmes et les cervelles de la Terre. Vous recelez en vos flancs les rouges les plus épais et les pourpres les plus écarlates. Ô tomates cardinales, qui sentez le Pape, le Soleil et le Mikado, tomates qui êtes l’essence et la bile du Grand Pan, tomates qui avez la densité de l’or et le volume des cœurs, vous êtes autrement belles, autrement désirables qu’une âme, ô tomates! ».

« Choléra »,  Un amateur de tomates, chapitre XI, p. 167, Joseph Delteil, Œuvres complètes, Éd. Grasset.

tomates

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Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

Alcools. Guillaume Apollinaire (1880 – 1918)

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Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai toujours pensé qu’il manquait un jour entre samedi et dimanche.
Et la preuve qu’un remaniement du calendrier hebdomadaire s’impose, c’est qu’il y a moins d’heures dans les journées du samedi et du dimanche. Si si, je vous assure.
Je suis une femme… ça y fait peut-être.
Je dors trop le week-end ?
Certes, le réveil ne sonne pas à 5h10 comme le restant de la semaine mais pas de grasse matinée pour autant. Alors où filent-elles, ces heures ?
D’autant plus que ce week-end, c’est le pompon ! Sous prétexte de faire des économies, à 2 h du matin, on était sommé de faire avancer les pendules.
Je m’insurge, je crie au délit, au rapt d’heure, au kidnapping avec préméditation, au braquage en bandes organisées !
Les enfants se racontent des histoires : on dirait qu’elle n’existerait plus.
Moi j’ai envie de tout stopper et de dire : pouce, c’est pas de jeu !

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P.S. J’ai cherché un nom à la journée qui viendrait s’intercaler entre le samedi et le dimanche mais je n’ai rien trouvé d’intéressant. Par contre, en anglais, je trouve que « Day-between » sonne bien.

 

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En attendant l’hiver, on profite encore des orangés des dernières capucines.

automne (1)

Au jardin, les toupies de potimarrons, aux couleurs rouge brique, réinventent le décor.

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L’automne

Lâche comme le froid et la pluie,
Brutal et sourd comme le vent,
Louche et faux comme le ciel bas,
L’automne rôde par ici ;
Son bâton heurte aux contrevents ;
Ouvre la porte, car il est là.
Ouvre la porte et fais-lui honte…

Car je le connais bien, c’est lui
Qui vint l’autan avec des phrases,
Avec des sourires et des grappes,
Parlant du bon soleil qui luit,
Du vent d’été qui bruit et jase,
Du bon repos après l’étape ;

Il a soupé à notre table
–  Je le reconnais bien, te dis-je,
Il a goûté au vin nouveau,
Puis on l’a couché dans l’étable
Entre la jument et le veau :
Le lendemain, l’eau était prise ;
Les feuilles avaient plu sous la gelée.
–  Ferme la porte et les volets.

Qu’il passe son chemin, au moins,
Qu’il couche ailleurs que dans mon foin,
Qu’il aille mendier plus loin.
Avec des feuilles dans sa barbe
Et ses yeux creux qui vous regardent
Et sa voix rauque et doucereuse ;
À d’autres ! moi, je le reconnais,
Qu’il s’attife d’or ou qu’il gueuse.
–  Rentre la cloche : s’il sonnait !
Prépare une flambée : j’attends
Le vieil hiver au regard franc.

Francis Vielé-Griffin (« La Clarté de vie » – Mercure de France, 1897)

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