Je me souviens des chansons d’Yves Montand.
Mes parents l’adoraient. Moi, bien sûr, du haut de mon adolescence arrogante, je trouvais ce crooner vieux et ringard. Moi, il me fallait du rythme, des décibels et des paroles en anglais ; incompréhensibles mais qui sonnaient tellement plus juste à mes oreilles.
Je me revois alors, massacrant « A bicyclette » devant ma mère à seule fin de provoquer son agacement.
Le 9 Novembre 2011, on a fêté le vingtième anniversaire de la disparition d’Yves Montand et aujourd’hui c’est moi qui déplore la discrétion avec laquelle l’évènement a été salué.
Très récemment, j’ai assisté à un récital d’Agnès Obel, que j’avais découverte il y a un peu plus d’un an avec Riverside. Ce concert devait consacrer mon engouement, il n’aura été qu’un agréable moment qui ne restera pas longtemps dans ma mémoire. Cachée derrière son immense piano dont la présence occultait la sienne, Agnès Obel a enfilé nerveusement les morceaux. A la fin du concert, dès le premier rappel, elle a dû déclarer forfait pour cause… de rupture de stocks. “On n’en connaît plus” avouait-elle candide et gênée.
Pourtant, à ma grande surprise, standing ovation! Tous debout, à la fin d’un concert. Cela semble désormais être la norme, exception faite quand on est déjà debout pendant tout le concert, of course !
Moi, je ne réserve ce genre d’hommage qu’à de très rares artistes dont la performance tient, pour le spectateur, de la révélation. Mais peut-être cette exigence est-elle déjà un signe de ma ringardise.
Automne en rouge et vert.
(Cliquez sur les photos pour les agrandir)
-oOo-
-oOo-
Les feuilles mortes – Yves Montand à l’Olympia – 1981
C’était un grand homme « le Papé ». Comme chanteur, il était excellent et comme comédien, il avait une prestance incroyable.
Il se tenait assis au bout de la table…..(Poéme de Yolande Vercasson).
Ringarde ? Alors nous sommes deux, attendu que j’ai moi-même un peu de mal avec certains hommages hyperboliques. J’ai toujours l’admiration disponible et à l’affût mais je ne la brade pas non plus.
Pour l’anecdote, ce billet m’a (indirectement) fait penser à l’annonce récente d’un évènement EX-CEP-TION-NEL, I-NE-DIT, U-NIQUE et HYPER-MEGA TOP, organisé conjointement par France Inter et le Nouvel Obs : une table ronde réunissant « les trois grandes figures de la chanson française actuelle » (sic) que sont Maxime Le Forestier, Alain Souchon et Julien Clerc.
Que les choses soient claires, je respecte sincèrement ces trois artistes (qui ne sont pas des tanches) mais quand on promeut cette rencontre en la présentant comme un « remake » de celle de Léo Ferré, Georges Brassens et Jacques Brel du 6 janvier 1969, je me dis qu’on n’y va pas avec le dos de la cuiller.
Et puisque l’hyperbole est désormais monnaie courante, qu’il me soit permis d’y aller de la mienne (aussi injuste fût-elle) : je n’ai jamais pris un épouvantail pour la statue du commandeur.
Et de trois… ringards ! Et j’assume !
magnifiquement illustré