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Street art

“Tag”, “graffiti”, “street art”… Où finit la délinquance, où commence l’art ? Épineuse question puisque hormis autorisation spéciale, commande d’ordre institutionnel ou privé, ces divers modes d’expression s’exercent toujours dans l’illégalité. Quant aux frontières de l’art, on serait bien en peine de s’accorder sur leur tracé même si, s’agissant de « l’art contemporain » (où tout semble permis et dont se réclament souvent les adeptes de ces pratiques), on serait tenté de citer cette formule de Raphaël Enthoven : « l’art contemporain est le théâtre d’une étonnante inversion au terme de laquelle il est plus facile d’être artiste que spectateur. » (Matière première, Gallimard 2013, page 112)

Or s’il est bien difficile d’être le spectateur des immondes badigeonnages et des infâmes « tags » qui défigurent les murs de nos villes, il faut reconnaître qu’on trouve parfois – quoique dans d’infimes proportions – quelques œuvres d’une telle facture qu’elles forcent le respect des services d’entretien municipaux eux-mêmes.

Trois dessins de Chriistian Beatch.

Portrait de Georges Guingouin, héros de la résistance limousine, sur un pont de Limoges qui porte son nom.

Portrait signé « Insomnia ».

Deux peintures de Guaté Mao. Cliquez ici pour voir d’autres œuvres de cet artiste, dans différentes villes.

Se mettre au vert

Le nez dans l’herbe.

fougere

coleoptere

sauterelle

Flamme

… « Le coquelicot dresse dans les champs sa fleur sauvage et frêle, résistante et singulière, que personne n’a plantée, dont la flamme parcourt les champs comme un message. »

Marcel Proust – Jean Santeuil.

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Au Louvre, l’exposition Vermeer vient de fermer ses portes sur un immense succès. Pendant trois mois, les visiteurs, venus du monde entier, se sont pressés, tels des papillons attirés par la lumière, autour d’une douzaine de chefs-d’œuvre du maître hollandais.

La construction de ses tableaux, la rigueur de la perspective, la vision par plans, font dire à des experts que Vermeer aurait utilisé la camera obscura.

Ceci n’est qu’une hypothèse, mais ce qui est sûr, c’est que bien avant les impressionnistes, bien avant l’invention de l’appareil photographique, Vermeer s’est imposé comme le maître de la lumière. Cependant, alors que les impressionnistes – se sentant en quelque sorte dépossédés de leur art par une innovation technique qui en menaçait l’existence même – se concentreront exclusivement sur la lumière, Vermeer l’intègre à ses compositions, sans concession du détail ni de la précision, pour offrir au regardeur une qualité, un rendu et des effets que, précisément, longtemps après, les photographes du portrait chercheront à restituer.

Tombé dans l’oubli après sa mort en 1675, Vermeer n’est redécouvert que pendant la seconde moitié du XIXe siècle, après qu’en 1866, une série d’articles lui ont été consacrés par Théophile Thoré-Burger, dans la Gazette des Beaux-Arts. La première photographie couleur datant de 1861, il est bien tentant – quand on regarde ses tableaux aujourd’hui – de voir dans cette concomitance beaucoup plus qu’une coïncidence fortuite.

Vermeer a peint avec un regard de photographe et les photographes d’aujourd’hui n’ont pas fini de tirer les enseignements de sa technique.

Cliquez sur le lien ou l’image pour découvrir d’autres portraits de chaque photographe.

De jour en jour

De jour en jour, d’heure en heure, le bruit des feuillages se fait plus épais. Enfin, un beau matin, je m’aperçois que la forêt de chênes taillis est recouverte uniformément d’une écume couleur d’absinthe. J’ai encore raté l’arrivée des feuilles nouvelles. Elles sont là, déjà dentelées. Alors, en une semaine, les dés sont jetées : les orages s’éloignent; les vents se calment, le ciel se découvre, le soleil s’installe, les joies cherchent lentement ceux qui sont destinés à jouir d’elles, et les trouvent. Le printemps est arrivé.

Le printemps en Haute Provence – Jean Giono.

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Un écran vert a remplacé, à la fenêtre de la cuisine, le fouillis gris des bois d’hiver.

Pierre Bergounioux – Carnets de notes 2001-2010, p. 991.

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Il pleuvait à Paris…

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Locks encore et encore.

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On s’active à toute heure à la Brasserie Bouillon Chartier.

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Vincent Perez expose à la Maison Européenne de la Photographie dans le Marais.

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Également à la Maison européenne de la Photographie, Les Offrandes de Gao Bo.

D’après son dossier de presse, « l’œuvre de Gao Bo se situe aux frontières de la photographie, de l’installation et de la performance » (sic), l’artiste reprenant les tirages rapportés de ses voyages au Tibet pour les recouvrir d’encre, de peinture et même de son propre sang. Son objectif : « repousser les limites du médium photographique, questionner la disparition, la trace et le renouveau possible à travers un processus créatif aux frontières de la destruction » (sic). Le résultat est intéressant même si on se passerait de cette glose un peu ampoulée comme de la révélation des sacrifices qu’il consent pour y parvenir.

Petite éclaircie, juste avant la nuit.

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La Parisienne.

Escapade parisienne

J’avais pensé aller voir la collection Chtchoukine à la Fondation Vuitton et puis ça ne s’était pas fait. L’annonce, courant février, de la prolongation d’une semaine de l’exposition m’offrait une dernière chance et, comme si la ville lumière craignait que cela ne suffît pas, elle en rajoutait – si l’on peut dire – une couche avec l’ouverture, au Louvre, de la rétrospective Vermeer.

L’escapade parisienne, rapidement mise sur pied, s’annonçait pluvieuse. Qu’à cela ne tienne, Paris sous la pluie a ses charmes, surtout si l’on est en couple et qu’on n’emporte qu’un parapluie.

Il devait pleuvoir, il a plu. Pour le reste, c’était une réussite totale et nous avons enchaîné, sans attente et sans bousculade – grâce à un faisceau de circonstances heureuses – tous les évènements inscrits au programme.

D’abord, la Fondation Vuitton, qui avait lancé, pour cette dernière semaine, l’opération Morning Chtchoukine pour les lève-tôt nous permettant ainsi de découvrir dans d’excellentes conditions l’architecture du bâtiment comme l’incroyable collection du marchand de tissu moscovite. Dans la foulée, un crochet par le musée Marmottan où débutait l’exposition Pissarro concluait une première journée sans faute.

Le lendemain, c’était Vermeer, au Louvre, où là encore, notre bonne étoile nous a permis d’atteindre, en moins de ¾ d’heure, les cimaises où sont accrochés 12 tableaux du maître de la lumière (soit un tiers de sa production) et même s’il n’y avait pas le petit pan de mur jaune de la vue de Delft, on comprend assez vite ce qui faisait dire à Bergotte, ce personnage de Proust : « C’est comme ça que j’aurais dû écrire ».

On prend son temps devant Matisse.

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Il manquait de soleil sur « L’Observatoire de la lumière » de Daniel Buren, installation temporaire de 3600 verres colorés sur les voiles de la Fondation Vuitton.

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Poissons rouges – Henri Matisse.

Paris (3)

La cueillette des fruits – Paul Gauguin.

Le déjeuner sur l’herbe – Claude Monet.

Sept heures du matin, pour le Morning Chtchoukine.